Parce qu’il était unique et irremplaçable, voici un hommage à Gilbert Doucet mis en forme par notre « plume » Jean-Marc Giraudo‼️

La fin d’après-midi s’annonce agréable. A Marquet, l’entraînement venait de commencer et les 40 joueurs sur le pré, faisaient preuve d’un réel enthousiasme. Les quelques dirigeants et supporters présents, étaient tout sourire, de bonne augure pour la saison à venir. Et puis la nouvelle est tombée… Terrible ! Gilbert Doucet vient de nous quitter, terrassé dans son sommeil par une crise cardiaque.
Non, ce n’est pas possible, pas « doudou », pas lui. Il est du bronze dont on fait les statuts, indestructible.
« Doudou », l’un des joueurs les plus emblématiques de la région PACA, adoré à la « Mecque », adulé à Toulon et à Nice. « Doudou », entraîneur de l’USS, du Rct, du SMUC, de Provence rugby, de Bayonne, sans oublier les quelques piges en Italie.
Formidable meneur d’hommes, craint, respecté , mais avant tout aimé partout il est passé. « Doudou », L’ami précieux, si chaleureux, le presque frère, « doudou » la belle gueule, la grande gueule, « doudou » le boute-en-train, le fêtard, « doudou » le rassembleur qui, à 25 ans, rêvait d’acheter une grande maison où nous irions vivre tous ensemble.
Dans notre jargon rugbystique, dire que Gilbert Doucet était un vaillant, relève de l’euphémisme. Sa rage de vaincre n’avait d’égale que son courage, sa volonté immense lui permettait de se hisser au niveau des plus grands, sa totale abnégation durant les 80 minutes d’une rencontre, était un formidable exemple pour tous.
Ajoutez à cela une immense dose de générosité sur et hors du terrain, un sens de l’amitié, voir de la fraternité exacerbée, une passion rugbystique qui dévore tout sur son passage, et vous comprendrez mieux les raisons qui ont amené Jacques Verdier à écrire dans les colonnes du Midol qu’il était incontestablement un des plus gros mental du rugby français. Très souvent, « doudou » se plaisait à dire, formidable phrase que n’aurait pas désavoué Antoine Blondin:
« L’essentiel, c’est de passer une belle jeunesse et d’avoir du bonheur à partager tous ensemble ».
Notre jeunesse a été formidable et il nous restera de merveilleux souvenirs. Quant au bonheur, sa véritable approche passe incontestablement par cette succession de petits moments de joie, que l’on peut croire insignifiant sur l’instant mais que nous nous devons de savourer pleinement. Dans ce domaine nous sommes des privilégiés car grâce à lui, nous en avons connu de fabuleux.
Fini les coups ravageurs qui maltraitaient nos côtes lorsque nous prenions l’apéritif, fini les vociférations intempestives, martyrisant nos fragiles tympans au moment où nous nous y attendions le moins, fini les:
« allez Marco, aller l’italien chante-moi un peu de Reggiani ».
Comme tout cela va nous manquer, comme tu vas nous manquer mon frère.
Nous pensons beaucoup à Sabine son épouse, à Marie et Sarah ses filles, nous partageons leur détresse.
Pour l’USS, les Boumians, les Charly Boy, « doudou » était véritablement une icône, nous ne l’oublierons pas.